Le chef de mission humanitaire dirige l'ensemble des programmes d'une ONG dans un pays : il fixe la stratégie, encadre les équipes expatriées et locales, gère le budget et la sécurité, et représente l'organisation auprès des autorités et des bailleurs. On parle aussi de cheffe de mission, de responsable de mission ou de directeur pays, tandis que le chef de projet humanitaire désigne en général un poste d'un niveau en dessous, centré sur un seul projet. Ce poste s'obtient après un bac+5 et plusieurs années de terrain : ce n'est jamais un premier emploi.
Le chef de mission humanitaire est le responsable de tous les projets et de toutes les équipes de l'ONG dans un pays : c'est lui qui rend compte au siège de l'ensemble de la mission.
Une fois l'urgence passée, la mission continue : le chef de mission prépare le relais vers les acteurs locaux pour que les populations retrouvent leur autonomie.
Le chef de mission humanitaire ne doit pas être confondu avec le chef de projet humanitaire ou le coordinateur. Ce dernier pilote un seul projet ou une seule base, quand le chef de mission dirige l'ensemble des projets et des équipes de l'ONG dans le pays.
Le poste suppose une vraie vocation : vie sans confort, mobilité fréquente, management sous pression, et une cohésion d'équipe à construire dans des conditions difficiles. La rigueur administrative, tenue des comptes, rapports, procédures bailleurs, compte autant que l'expérience de terrain.
Il n'existe pas de diplôme unique pour devenir chef de mission humanitaire : un bac+5 et plusieurs années de terrain sont la norme, et ce poste n'est jamais un premier emploi.
Plusieurs masters mènent vers ce métier : le parcours Développement et action humanitaire de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le parcours Action humanitaire internationale de l'université Paris-Est Créteil, le parcours Action humanitaire de l'université de Lille, ou le parcours Métiers de la solidarité internationale, coopération et ONG de l'université Paris Nanterre. Les masters en management de projets humanitaires et coopération internationale préparent directement à ce type de poste, tout comme certains masters en management de projets plus généralistes. Les candidatures en master 1 passent par la plateforme nationale Mon Master.
En pratique, on devient rarement chef de mission directement après ses études. La plupart des chefs de mission ont d'abord exercé un métier de terrain, médecin, infirmier, ingénieur en eau, en génie civil ou en agronomie, logisticien ou administrateur de mission, avant d'évoluer vers la coordination puis la direction de mission.
Le volontariat de solidarité internationale, encadré par la loi n° 2005-159 du 23 février 2005, est une porte d'entrée courante vers ce métier. Chaque année, environ 2 000 personnes partent en mission dans ce cadre, pour 1 à 2 ans, renouvelables dans la limite de 6 ans sur une vie, hors Espace économique européen, avec une indemnité non imposable et une couverture sociale prise en charge. Le bénévolat, le service civique et les stages en ONG pendant les études permettent aussi d'acquérir une première expérience de terrain.
Le salaire d'un chef de mission humanitaire va d'environ 1 900 euros brut par mois sur un premier poste à plusieurs milliers d'euros pour les profils les plus expérimentés.
En mission, le logement, le transport, l'assurance santé et le rapatriement sont généralement pris en charge par l'ONG, en complément d'une indemnité journalière sur place.
Les volontaires ne perçoivent pas un salaire mais une indemnité mensuelle, de l'ordre de 800 à 900 euros sur la grille d'une grande ONG française.
Les salaires du secteur associatif restent inférieurs à ceux du secteur privé. Une étude menée fin 2022 sur 58 ONG françaises mesure un écart de 35,4 % pour les postes de cadres par rapport à la médiane du marché, un écart à garder en tête avant de s'engager sur ce type de carrière.
Le salaire va d'environ 1 900 euros brut par mois sur un premier poste à environ 4 500 euros brut par mois pour un profil expérimenté, jusqu'à 5 940 euros brut par mois sur les grilles de directeur pays des grandes ONG.
Il faut d'abord un bac+5, généralement un master en action humanitaire, en solidarité internationale ou en management de projets, puis plusieurs années de terrain dans un métier technique ou de coordination, dont au moins une année sur un poste de responsabilité.
Le chef de projet humanitaire pilote un seul projet ou une seule base. Le chef de mission dirige l'ensemble des projets et des équipes de l'ONG dans le pays, et rend compte directement au siège.
Oui : les postes de coordination et de direction de mission sont salariés. Le volontariat de solidarité internationale, souvent utilisé pour acquérir une première expérience, donne droit à une indemnité mensuelle mais pas à un salaire.
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