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Entretien avec Philippe Raimbourg
Directeur de l'école de management de la sorbone

Alternis : quand une école fait rimer
pour la 1ère fois « Alternance »
et « Excellence » !

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Philippe Raimbourg

L'École de Management de l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (ou EMS) compte parmi les plus grands départements en sciences du management de France.

Forte de ses quarante années d'existence, elle propose à ses 3 500 étudiants une formation de haut niveau, adaptée aux besoins du marché et ouverte à l'international. Située au cœur de la capitale, elle bénéficie d'un environnement d'une grande richesse culturelle et intellectuelle, mais également de contacts facilités avec de très nombreuses entreprises françaises et étrangères, avec lesquelles l'EMS entretient de nombreux partenariats.

Associée à un souci d'excellence, la forte sélection à laquelle elle soumet ses étudiants permet à ses jeunes diplômés de trouver facilement un emploi, à des niveaux de responsabilité et de rémunération dignes de ceux des plus grandes écoles de commerce.

Philippe Raimbourg est le directeur de l'EMS depuis maintenant plusieurs années.

s'adresse aux étudiants.
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Eduniversal

Vous êtes actuellement directeur de l'École de Management de la Sorbonne, pouvez-vous nous parler de votre parcours, de vos domaines de prédilection et nous expliquer ce que vous a donné envie de manager une structure telle que l'EMS ?

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Philippe Raimbourg

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Initialement, je suis diplômé d'HEC. Au sortir de l'école, j'ai exercé comme consultant en finance pendant plusieurs années, et rapidement, je me suis aperçu qu'il était essentiel de développer d'autres compétences pour émerger du lot. Je me suis donc inscrit à l'université en Sciences Économiques. J'y ai passé un doctorat de 3e cycle puis un doctorat d'État en Sciences de Gestion, ce qui m'a conduit à passer le concours d'agrégation.

Une fois agrégé en sciences de gestion, et en tant que major, j'ai pu choisir l'université dans laquelle je voulais enseigner. Mon choix s'est porté sur l'Université de Nancy, car elle était – et est toujours – située dans une capitale universitaire de taille relativement importante ayant un rayonnement local et national non négligeable.

J'ai donc exercé mes premières années en tant que professeur à l'Université de Nancy, puis j'ai rejoint l'Université de Paris pour y enseigner la finance. J'ai ensuite rapidement pris la direction du Magistère de Finance et ai créé un nouveau master, le Master d'Ingénierie Financière, dont la première promotion a été diplômée en 1994.

Par la suite, j'ai continué d'exercer mon métier d'enseignant-chercheur, une activité d'enseignement et de direction de diplôme, d'écriture – aussi bien d'articles de recherche que d'ouvrages, et peu à peu, j'ai pris des directions au sein de mon établissement. C'est ainsi que j'ai été nommé il y a quelques années à la direction de l'UFR qui s'appelle l'École de Management de la Sorbonne.

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Qu'est-ce que l'EMS au sein de Paris 1, quelle est sa place et est-ce que l'on peut dire qu'il s'agit d'une UFR comme les autres ?

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Philippe Raimbourg

Une des grandes caractéristiques de Paris 1 c'est sa diversité. Des disciplines très nombreuses et très diverses y sont enseignées, ce qui fait qu'aucune UFR n'est comme les autres.

En ce qui concerne l'UFR de Sciences de Gestion, l'accent est tout particulièrement mis sur la professionnalisation de l'ensemble des diplômes. Nous voulons procurer à nos étudiants une formation leur permettant de mener par la suite une carrière aussi réussie que possible, et surtout, nous intervenons pour qu'ils puissent bénéficier de l'ascenseur social que peut être un diplôme en sciences de gestion. Pour cela, nous devons leur fournir les outils, les méthodes et les concepts leur permettant d'accéder aux métiers leur offrant des carrières réussies. Cette professionnalisation n'exclut pas pour autant le travail académique classique, le travail d'écriture – des articles de recherche fondamentale et des articles plus appliqués – car la carrière des enseignants-chercheurs s'appuie principalement sur leurs écrits et leurs publications.

Une dernière caractéristique propre à l'EMS, c'est la situation concurrentielle dans laquelle nous nous trouvons. Nous n'avons pas le monopole de la délivrance des diplômes de sciences de gestion, de nombreux autres établissements le font, qu'il s'agisse d'universités françaises, étrangères, ou bien d'écoles de commerce. Cela nous place donc en situation d'émulation, aussi bien sur le recrutement de nos étudiants, que sur le placement de nos diplômés auprès des entreprises, mais également en matière de recrutement de nos collègues.

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Pouvez-vous nous donner quelques chiffres sur l'EMS et nous parler des anciens diplômés ?

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Philippe Raimbourg

L'EMS c'est 3 200 étudiants – 2 000 en licence et 1 200 en master, auxquels il faut ajouter 250 étudiants doctorants qui relèvent de notre école doctorale. Celle-ci a été fondée en 2010 conjointement avec l'ESCP Business School, avec laquelle nous avons par ailleurs des liens assez nombreux, il s'agit en outre de la plus grande de France dans le domaine des sciences de gestion. Chaque année, 600 étudiants de master obtiennent leur diplôme, ce qui, sur 35 années d'existence, fait qu'environ 20 000 anciens étudiants sont actuellement sur le marché du travail.

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Vous formez vos étudiants au management au sens large, malgré de nombreuses diversités de programmes. Quels sont selon vous les plus grands enjeux que devront appréhender vos élèves quand ils intègreront le marché du travail et comment l'EMS répond-t-elle à ces enjeux, comment est-ce qu'elle les anticipe ?

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Philippe Raimbourg

L'enseignement et le marché du travail ont connu depuis les années 90 des révolutions importantes, engendrées par l'ensemble des révolutions numériques. Les métiers évoluent rapidement, et nous ne pouvons prédire ce que donnera cette évolution dans 10, 15 ou 20 ans.

Cela veut dire qu'un agent économique doit s'attendre à devoir changer de métier au cours de sa carrière, ou tout au moins connaître des évolutions très fortes dans son activité. Sa formation initiale, les 5 ou 6 ans qu'il passe sur les bancs de l'université, vont lui permettre d'effectuer une première activité, mais il devra par la suite continuer à se former pour exercer de nouveaux métiers.

Continuer à se former, cela peut vouloir dire s'inscrire dans des établissements d'enseignement supérieur, mais également changer d'état d'esprit. Il faut que nos anciens étudiants soient persuadés que le plus important c'est d'apprendre à apprendre, c'est de continuer à apprendre quasiment tous les jours de son existence. Pour cela, il leur faut se placer dans des situations quelque peu inconfortables, à savoir accepter des missions et des tâches qui ne sont pas celles qu'ils maîtrisent absolument et parfaitement.

De la sorte, ils sont obligés de découvrir, de résoudre des problèmes qui sont nouveaux pour eux, et d'apprendre. Le plus important, c'est qu'un agent économique fasse progresser de façon permanente son capital intellectuel et son capital de connaissances. Que de façon très régulière il puisse dire au terme de cette mission, “j'ai appris ceci ou cela, et de la sorte, j'ai accru ma capacité à trouver de nouveaux emplois”.

Comment arrive-t-on à transmettre cela aux étudiants ? Principalement en ne les prenant pas trop par la main. On les guide en début de licence, on leur donne des lignes directrices qui sont relativement précises. Par la suite, en fin de licence et surtout en master, on a plus tendance à leur donner des ressources bibliographiques, à leur indiquer où se trouvent les connaissances et les réponses et à les laisser construire eux-même leur propre apprentissage, pour qu'ils aient une autonomie plus grande face à la matière enseignée. Et on espère, que, de la sorte, ils sauront se débrouiller au mieux dans un monde du travail en mutation permanente.

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Comment l'École de Management de la Sorbonne a-t-elle décidé d'organiser les cours cette année du fait du contexte sanitaire actuel, quelles bonnes pratiques a-t-elle conservé du confinement imposé au printemps dernier et quelles leçons en avez-vous tirées ?

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Philippe Raimbourg

Quand nous avons été confrontés à l'annonce du confinement, nous avons dû développer à grande échelle ce que l'on pratiquait déjà à petite échelle, à savoir l'enseignement à distance. Les conclusions que l'on peut en tirer, et je pense qu'elles sont assez générales au sein de l'enseignement supérieur, c'est la grande opérationnalité de cet enseignement à distance, qui permet d'effacer les distances et de réunir dans une salle de classe virtuelle des étudiants qui sont à Marseille et à Lille. Cela étant, leur pratique massive a mis en relief quelques limites.

D'une part, l'implication des différents acteurs de l'enseignement. L'enseignement étant intermédié par un appareillage technique, cela induit une implication plus faible, peut-être de l'enseignant, mais assurément de l'étudiant qui écoute d'une oreille un peu plus distraite et qui hésite à prendre la parole et à poser des questions. La distance de l'étudiant à la chose enseignée augmente alors, et la prise de possession des méthodes et des concepts techniques qui sont exposés est sans doute un peu plus maladroite et un peu plus lente. L'efficacité en master est donc sans doute à peu près raisonnable, mais moins grande en licence.

D'autre part, une deuxième limite à évoquer, qui est proche de la première, est celle de la rupture du lien social. On ne peut pas vivre enfermé dans son propre domicile, les êtres humains sont des animaux sociaux et à rester trop longtemps chez soi, on perd des repères essentiels et on perd sa sociabilité, ce qui est très peu souhaitable, surtout pour les jeunes gens.

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Quels sont aujourd'hui les axes majeurs de développement de l'EMS et quelles sont vos ambitions pour les mois et années à venir ?

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Philippe Raimbourg

Notre axe de développement pour ces prochaines années est de mettre l'accent sur la licence, ce qui permettra aux étudiants de fin de premier cycle de disposer du maximum d'opportunités quant à leur poursuite d'étude, mais aussi à nos directeurs de diplômes de master d'avoir un vivier potentiel de grande qualité que seront les étudiants de licence qui choisiront de rester chez nous.

En outre, cette stratégie aura pour effet de mettre les responsables de master en concurrence avec les masters des autres établissements et nous pensons que cette concurrence profite au stimulus relativement souhaitable au sein de notre EMS.

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Dans ce fort contexte concurrentiel pour l'EMS avec les IAE et les écoles de commerce, pouvez-vous nous dire pourquoi aujourd'hui un étudiant devrait choisir l'EMS ?

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Philippe Raimbourg

Notre plus grande force, à mon avis, est la qualité de l'enseignement professionnalisant que l'on délivre aux étudiants français. Je suis persuadé, et c'est une immodestie qui est très sincère, que la totalité des cours délivrés par nos collègues sont de très grande qualité.

Ces cours préparent à la vie professionnelle et sont tournés vers les entreprises avec lesquelles nous sommes en contact permanent. Nous essayons de mettre en place des enseignements qui conduisent à des métiers attractifs et c'est selon moi la raison essentielle pour laquelle un étudiant souhaiterait s'inscrire à l'EMS.

Ces cours préparent à la vie professionnelle et sont tournés vers les entreprises avec lesquelles nous sommes en contact permanent. Nous essayons de mettre en place des enseignements qui conduisent à des métiers attractifs et c'est selon moi la raison essentielle pour laquelle un étudiant souhaiterait s'inscrire à l'EMS.

Enfin, une autre raison qui a son poids et son importance, c'est qu'en venant ici, les étudiants ont la chance d'avoir cours dans l'amphithéâtre magnifique de sciences de gestion, au sein d'un lieu extraordinaire dont on ne se lasse pas. Les étudiants bénéficient d'une situation exceptionnelle, au cœur du quartier latin, en plein 5e arrondissement, dans un lieu chargé d'histoire.

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Pour finir, pourriez-vous nous décrire l'École de Management de la Sorbonne en 3 mots ?

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Philippe Raimbourg

Philippe Raimbourg : Pour ces trois mots, qui caractérisent ce que je souhaiterai que soit l'influence de l'EMS sur nos étudiants, j'aurais recours à une citation de Danton qui nous plonge plusieurs siècles en arrière : De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace.