La formation tout au long de la vie est un droit inscrit dans le Code du travail : se former à tout moment de sa vie active pour évoluer ou changer de métier. Pour un salarié, reprendre un master en cours de carrière passe par quatre voies principales : la formation continue, l'alternance, la validation des acquis de l'expérience (VAE) ou l'accès sur dossier grâce à son parcours professionnel. Le financement repose surtout sur le compte personnel de formation (CPF), le projet de transition professionnelle (PTP) et l'employeur.
La formation tout au long de la vie est définie par l'article L6111-1 du Code du travail comme une obligation nationale. Elle permet à toute personne, quel que soit son statut, d'acquérir et d'actualiser des compétences et de progresser d'au moins un niveau de qualification au cours de sa vie professionnelle. Elle réunit la formation initiale, dont l'apprentissage, et la formation continue, destinée aux adultes déjà actifs. Elle concerne salariés, demandeurs d'emploi, indépendants et agents publics.
Un master obtenu après plusieurs années d'expérience sert à évoluer, changer de métier ou actualiser ses compétences. Trois raisons reviennent le plus souvent :
Cette reprise peut être diplômante, avec un diplôme national de master à la clé, ou non diplômante, sous forme de modules courts. Ce conseil traite la voie diplômante.
Exemple : une chargée de projet de 32 ans, en poste depuis huit ans, vise un poste en ressources humaines. Elle reprend un master en formation continue pour valider les compétences attendues, sans quitter son emploi.
Quatre voies permettent de reprendre un master en cours de carrière, sans s'exclure entre elles : formation continue, alternance, VAE ou accès par validation des acquis professionnels. Le tableau ci-dessous résume les différences.
| Voie | Pour qui | Statut pendant la formation | Financement le plus courant |
|---|---|---|---|
| Master en formation continue | Salarié qui garde son poste | Salarié | CPF, employeur, PTP |
| Master en alternance | Jusqu'à 29 ans révolus en apprentissage, sauf exceptions | Contrat d'apprentissage ou de professionnalisation | Employeur et OPCO, salaire d'alternant |
| VAE | Expérience en lien direct avec le diplôme visé | Reste en poste, congé VAE de 48 heures au plus | CPF, employeur, forfait Transitions Pro |
| Accès par validation des acquis professionnels | Candidat sans le diplôme normalement requis | Dépend de la voie choisie ensuite | Aucun financement spécifique |
Le rythme d'un master en formation continue s'adapte souvent à l'emploi du temps d'un salarié : cours du soir, week-end ou sessions groupées, selon l'établissement. Les frais varient d'un établissement à l'autre et ne sont pas détaillés ici. Pour un format resserré, un master en executive MBA à temps partiel peut convenir ; la différence entre master, mastère et MBA est expliquée dans notre comparatif dédié.
Le contrat d'apprentissage reste ouvert jusqu'à 29 ans révolus, et jusqu'à 35 ans dans certains cas (nouveau contrat visant un diplôme supérieur). Pas de limite d'âge pour un travailleur handicapé reconnu ni pour un projet de création ou reprise d'entreprise : au-delà, le contrat de professionnalisation reste accessible (voir la différence entre alternance et apprentissage).
Reprendre un master en alternance implique en général de quitter son contrat actuel pour un contrat rémunéré au salaire d'alternant. La Pro-A ne peut plus être conclue depuis le 1er janvier 2026 : la période de reconversion prend le relais (voir plus bas). Notre page trouver son alternance en master détaille la méthode.
La validation des acquis de l'expérience permet de faire reconnaître son expérience pour obtenir un diplôme, en totalité ou en partie selon la décision du jury. Le dossier s'examine avant de s'engager : le parcours France VAE dure huit mois en moyenne, et gagne à être anticipé selon la complexité du dossier.
Un congé VAE de 48 heures au plus permet de constituer son dossier avec maintien de la rémunération. Le portail France VAE détaille les modalités de financement, dont un forfait Transitions Pro.
La validation des acquis professionnels (VAP) permet de candidater à une formation post-bac en valorisant son expérience, sans détenir le diplôme exigé. La validation des études supérieures (VES) permet d'obtenir un diplôme en capitalisant des études déjà suivies. Les conditions varient selon les établissements : le service de formation continue du master visé reste le bon interlocuteur.
Trois leviers financent l'essentiel d'une reprise d'études : le CPF, le projet de transition professionnelle et le plan de développement des compétences de l'employeur.
Le CPF se recharge chaque année d'activité salariée : 500 euros par an, plafonnés à 5 000 euros (800 et 8 000 euros sans diplôme de niveau CAP-BEP). La participation forfaitaire de 150 euros, revue chaque 1er janvier, n'est pas due en cas d'abondement de l'employeur. Un master est éligible s'il est enregistré au RNCP, à vérifier sur la plateforme publique du CPF.
Le congé individuel de formation n'existe plus depuis 2019 : le projet de transition professionnelle l'a remplacé pour se reconvertir. Il faut justifier deux ans d'activité salariée dont un an dans l'entreprise en CDI, ou deux ans sur cinq dont quatre mois de CDD sur les douze derniers mois. Le salaire est maintenu à 100 % jusqu'à deux fois le Smic, soit 3 734,04 euros, puis 90 %, ou 90 % la première année et 60 % ensuite pour une formation plus longue. Transitions Pro examine le dossier, sans accord automatique.
Le plan de développement des compétences a remplacé le plan de formation le 1er janvier 2019. Il rassemble les actions de formation proposées par l'employeur. Rien n'empêche un salarié de proposer sa propre formation, en lien avec son projet professionnel.
Depuis 2026, la période de reconversion prend le relais de la Pro-A, fermée aux nouvelles signatures depuis le 1er janvier 2026. Elle s'adresse à tout salarié du privé visant une mobilité interne ou externe vers une formation certifiante (RNCP, CQP ou Cléa) : douze mois au plus, 150 à 450 heures, jusqu'à 2 100 heures sur 36 mois par accord de branche. Le salaire est maintenu en reconversion interne. Un master complet dépasse souvent ce format : à discuter avec son employeur et son OPCO.
À défaut de financement dédié, un master en formation continue peut aussi se financer par un prêt ou sur fonds propres. Notre page financer ses études détaille les options.
Une formation suivie sur le temps de travail se demande à l'employeur au moins 120 jours avant son début si elle dure six mois ou plus, et 60 jours si elle dure moins. Ces délais s'appliquent au CPF comme au PTP.
Une formation suivie hors du temps de travail ne demande pas d'autorisation, mais ces heures ne sont pas rémunérées dans le secteur privé.
Les candidats en reprise d'études passent, comme les autres, par la plateforme Mon Master pour une première année de master, à condition d'être titulaire d'une licence, d'un diplôme de niveau au moins bac+3, ou d'être inscrit en troisième année de licence. La phase principale ouvre droit à 15 vœux hors alternance et 15 en alternance. Sans le diplôme requis, la validation des acquis professionnels permet de demander un accès en valorisant son expérience.
Dans le dossier, l'expérience professionnelle et le projet qui motive la reprise d'études comptent autant que le parcours académique. Notre calendrier Mon Master donne les dates clés, et notre page comment choisir son master aide à comparer les formations.
Pour affiner ce choix, comparer les formations via les classements par spécialité : gestion des ressources humaines ou conduite du changement et transformation digitale, avec deux métiers en exemple : consultant en transformation digitale et chef de projet.
Marion Jourand
Directrice du Pôle Consulting
C'est le droit, fixé par le Code du travail, de se former à tout moment de sa vie active, quel que soit son statut, pour acquérir ou actualiser des compétences et progresser d'au moins un niveau de qualification.
Oui. Il n'y a pas de limite d'âge pour suivre un master en formation continue ou passer par la VAE. Seul le contrat d'apprentissage est limité, en principe à 29 ans révolus, avec des exceptions ; le contrat de professionnalisation reste possible au-delà.
Non. Il a été remplacé en 2019 par le projet de transition professionnelle, qui permet de se former pour changer de métier en gardant son contrat et, sous conditions, son salaire.
Non. Dans le secteur privé, les heures de formation suivies en dehors du temps de travail ne sont pas rémunérées, même si la formation est financée par le CPF.
Pour candidater sur Mon Master, il faut une licence ou un diplôme de niveau au moins bac+3. Sans ce diplôme, la validation des acquis professionnels permet de demander un accès en faisant valoir son expérience.