Mon Master : quelles pistes d’amélioration pour accompagner les étudiants ?
Dans son dernier rapport, le comité éthique de Mon Master alerte sur les limites du dispositif. Il pointe une forte pression en droit et en psychologie, ainsi qu’un système de saisines jugé inefficace, et propose plusieurs pistes de réforme.
Une plateforme sous tension
Le comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master a publié son deuxième rapport consacré à la plateforme. Un document attendu, qui dresse un constat nuancé mais préoccupant sur son fonctionnement.
Certaines filières concentrent une pression particulièrement forte, notamment le droit et la psychologie. À elles seules, elles représentent près de la moitié des saisines adressées aux rectorats.
Psychologie : une sélection devenue critique
En psychologie, la situation est particulièrement tendue. Le nombre de candidatures dépasse largement les capacités d’accueil.
En moyenne, on compte près de 28 candidatures pour une seule place. Résultat : moins d’un étudiant sur deux parvient à intégrer un master après sa licence.
Face à cette situation, le comité propose plusieurs pistes :
- mieux informer les étudiants sur les attentes des formations
- développer des outils d’autoévaluation avant la candidature
- valoriser davantage les débouchés accessibles dès bac+3
À retenir : Le comité invite à sortir d’une logique “master obligatoire” en psychologie, en développant des parcours alternatifs après la licence.
Droit : un paradoxe entre pression et places vacantes
En droit, la tension reste forte, mais pour des raisons différentes. Le master droit attire massivement, avec environ 20 candidatures par place.
Pourtant, des places restent vacantes chaque année. Environ 5 % des capacités d’accueil ne sont pas pourvues, soit près de 1 000 places.
Le comité recommande donc aux universités :
- d’anticiper les désistements
- d’admettre davantage de candidats dès la phase principale
L’objectif est d’éviter une gestion tardive et inefficace des admissions.
Une procédure de saisine jugée inefficace
Le rapport est particulièrement critique sur le système de saisines, censé garantir le droit à la poursuite d’études.
En 2025, plus de 5 000 saisines ont généré près de 100 000 demandes d’admission. Pourtant, seulement 14 % ont abouti à une proposition acceptée.
Plusieurs problèmes sont identifiés :
- lourdeur administrative
- délais trop longs
- propositions parfois éloignées du projet ou du lieu de vie des étudiants
Vers une refonte complète du dispositif
Face à ces limites, le comité appelle à une réforme en profondeur.
Il propose notamment de confier le traitement des saisines à des commissions mixtes réunissant universités et rectorats, sur le modèle de Parcoursup.
Autre recommandation : resserrer le calendrier pour permettre aux étudiants d’obtenir une réponse avant la rentrée, et éviter un traitement tardif pendant l’été.
L’apprentissage encore en difficulté
Le rapport met aussi en lumière les limites du système pour les formations en alternance.
Aujourd’hui, les candidats doivent trouver un contrat rapidement, sans garantie d’admission avant les résultats de juin. Cette incertitude pousse certains à se tourner vers des formations privées recrutant plus tôt.
Pour corriger cela, le comité propose :
- de permettre la signature de contrats plus tôt
- d’ajuster les capacités d’accueil avec une logique de surbooking
Une plateforme appelée à évoluer
Deux ans après son lancement, Mon Master reste un outil structurant, mais encore perfectible.
Le rapport souligne la nécessité d’adapter le système aux réalités du terrain : pression sur certaines filières, attentes des étudiants et contraintes des établissements.
FAQ : comprendre les enjeux de Mon Master
Qu’est-ce que Mon Master ?
Mon Master est la plateforme nationale qui centralise les candidatures en première année de master en France.
Qu’est-ce qu’une saisine ?
Une saisine permet à un étudiant sans admission en master de demander au rectorat une proposition alternative, dans le cadre du droit à la poursuite d’études.
Pourquoi certaines filières sont-elles sous tension ?
Des formations comme le droit ou la psychologie attirent beaucoup de candidats, ce qui crée un déséquilibre entre le nombre de demandes et les places disponibles.
Le système va-t-il changer ?
Le comité éthique recommande plusieurs réformes, notamment sur les saisines et le calendrier. Ces propositions pourraient influencer les évolutions futures de la plateforme.
L’alternance est-elle concernée ?
Oui. Le rapport souligne des difficultés spécifiques liées au calendrier et propose des ajustements pour sécuriser les parcours en apprentissage.