Mon Master 2023 : Analyse des Universités sur la Plateforme Monmaster.gouv.fr

Publication le 09/10/2023 | MAJ le 09/10/2023
Mon Master 2023 : Analyse des Universités sur la Plateforme Monmaster.gouv.fr

Bilan de la première année

Alors que la concertation sur les perspectives à donner à la plateforme Mon Master en 2024 se poursuit, quel bilan tirent les universités de la première année de mise en place de la procédure? Le sujet a été abordé lors des conférences de presse de rentrée des établissements, courant septembre 2023. Tour d'horizon.

Une mise en place délicate

C'était l'épreuve du feu pour les universités. Chacune y voit désormais plus clair sur le premier test grandeur nature de la plateforme Mon Master. Premier constat: comme c’était déjà le cas les années précédentes, toutes les formations n’ont pas fait le plein en septembre, malgré l’organisation en urgence de recrutements complémentaires en pleine phase d’admission. Un moyen en plus de candidater qui a forcément rajouté une couche de complexité à la procédure, surtout juste avant le creux de l’été.

Les défis rencontrés

Pour Virginie Laval, présidente de l’université de Poitiers, "le principal problème cette année a été l’absence d’une phase complémentaire organisée au niveau national", dit-elle. En juillet dernier, la moitié des places en M1 de son établissement étaient vacantes, avant le lancement d’une phase maison. Au final, le recrutement à l’entrée en master se situe, à Poitiers, "dans les mêmes ordres de grandeur" qu’avant la réforme. Même constat du côté de l’université de Bourgogne. "Il reste environ 200 places vacantes, que nous sommes en train d’attribuer en phase complémentaire", selon Sophie Morlaix, vice-présidente en charge des formations.

Des ajustements positifs

À l’université Clermont Auvergne, si certains masters sont pleins, notamment dans les filières en tension (psychologie, droit privé, finance), la plupart ont trouvé un équilibre et quelques-uns restent avec des places vacantes. La vice-présidente Françoise Peyrard salue la plateforme qui a permis de "fluidifier les choses et permet aux étudiants de pouvoir davantage anticiper un éventuel déménagement".

Réduction des saisines des rectorats

Si Mon Master semble avoir mieux fonctionné sur un point, c'est sur celui de la réduction des saisines des recteurs. Leur nombre est ainsi en baisse au Mans université, à Clermont Auvergne ou encore à Lyon-II. Marie-Karine Lhommé, VP formation de Lyon-II, dit avoir compté 180 saisines cette année (contre 220 l’an dernier), dont les deux tiers sont en psychologie et droit: "Nous avons pu travailler en profondeur sur ces dossiers et leur préconiser d’autres formations où il restait des places. C’est ainsi que nous avons par exemple pu réorienter 20 étudiants de la psycho vers les sciences de l’éducation." 

Des challenges persistants

Le ton est plus nuancé en Nouvelle-Aquitaine. Quelque 250 étudiants sans place en master avaient saisi leur rectorat et étaient en attente de solution fin septembre. Trouver un point de chute à ces jeunes exige "beaucoup de travail" et les personnels sont "harassés" par cette tâche, qui s’ajoute aux obligations de la rentrée universitaire, décrit la vice-présidente de la commission de la formation et de la vie universitaire de Bordeaux Montaigne, Marie Mellac.

Améliorations à venir

Améliorer l’ergonomie de la plateforme, revoir le calendrier: les axes d’amélioration de Mon Master sont connus, et l’organisation d’une phase complémentaire nationale dès 2024, actée, emporte l’adhésion. L’organisation du recrutement en alternance, notamment l’avancement du calendrier, fédère également un certain nombre d’attentes. Laurent Gatineau, président de l’université de CY Cergy Paris université, indique ainsi avoir eu "de réelles difficultés avec l’organisation de la procédure". "Nous ne pouvions pas faire une proposition d’admission aux candidats sur liste d’attente et déjà détenteur d’un contrat tant que les places de devant n’étaient pas libérées. Passé plus d’un mois sans savoir s’ils allaient avoir une place, plusieurs candidats ont fait le choix de partir dans le privé", témoigne-t-il.

Alexandra Knaebel, vice-présidente formation et parcours de réussite de l’université de Strasbourg, parle d’un "calendrier décalé par rapport aux officines privées" et "une procédure de gestion pas optimisée"; "là aussi, le ministère est en train d’étudier de nouveaux scénarios pour l’année prochaine, dont l’un se rapprochant de la gestion de l’apprentissage telle qu’elle est organisée aujourd’hui sur Parcoursup", indique-t-elle.